24/02/2005

La Meuse Huy-Waremme et l'ONHU

AMPSIN LOGEMENT

L’Observatoire de l’habitat au secours de la Seigneurie

Cette asbl soutient l’idée d’en faire une maison communautaire et propose de jouer les médiateurs

 

Notre article consacré la semaine dernière à la Seigneurie d’Ampsin, cette ancienne maison de repos qui abrite aujourd’hui des personnes à faibles revenus, n’a pas laissé indifférent.

L’Observatoire national de l’habitat et de l’urbanisme (ONHU), une association surtout connue à Bruxelles pour la chasse qu’elle mène contre les marchands de sommeil, se propose de jouer au médiateur entre la gestionnaire de la Seigneurie, Mme Stephany, et la commune d’Amay. Objectif de la manoeuvre: sauver le logement pour tous ces locataires déjà installés, pacifier les relations tendues entre Mme Stephany et le bourgmestre Robert Collignon. L’offre a été reçue avec enthousiasme par Mme Stephany, qui voit là une bouée de sauvetage.

Le dossier est tout sauf simple. La maison de repos, sur ordre du ministre Detienne a perdu son agrément. Mme Stephany a dès lors lancé, en décembre dernier, du logement locatif. Elle loue les 33 chambres au prix de 400 euros. Vingt huit locataires y vivent actuellement.

Sans permis

Mais Mme Stephany a changé l’affectation de son immeuble sans le moindre permis. Or, il lui fallait un permis locatif et un permis d’urbanisme. La gestionnaire est en train de se mettre en ordre de ce côté-là. Le permis de location ne devrait pas poser de difficultés (rapport favorable d’un expert de la Région wallonne qui a inspecté les lieux), le permis d’urbanisme en revanche pourrait coincer (lire ci-contre). Car au plan de secteur, on vient de découvrir que le domaine se trouvait en zone de parc.

Une zone qui ne peut en principe pas accueillir de logement. Comment se fait-il que cet argument n’a jamais été soulevé à l’époque de la maison de repos ? s’étonne Thierry Balsat, secrétaire général de l’ONHU. Celui-ci se dit en outre très choqué par les propos tenus par le bourgmestre d’Amay qui dans nos colonnes déclarait qu’il craignait que Amay ne devienne le refuge de tous les malheureux . L’idée originale d’associer jeunes et moins jeunes dans une maison communautaire est intéressante. Notre souhait est de mettre tout le monde au tour de la table afin de négocier au mieux les intérêts de chacun.

Sur le prix, tout de même élevé de 400 euros la chambre, l’ONHU admet qu’il s’agit d’un prix excessif.

L’ONHU préconise dès lors de relancer l’idée de créer, au niveau de la Région wallonne, des chèques logement. Mais d’un autre côté, les locataires de la Seigneurie semblent tous très satisfaits de leur logement, souligne M. Balsat. Je crois qu’ils n’ont rien connu de mieux. Et puis, ce genre de maison casse l’isolement des gens. Ceux-ci préfèrent vivre dans un 20 m2 à plusieurs que dans un 80 m2 dans l’isolement. En me rendant sur place, je veillerai à ce que les gens en aient pour leur argent .

Mme Stephany précise qu’elle offre des services à ses locataires.

Ils peuvent utiliser gratuitement internet et le téléphone. Je les conseille également dans les démarches à suivre pour retrouver un emploi, etc.

M. Balsat et Mme Stephany se rencontreront la semaine prochaine. Nous irons également à la rencontre des locataires, précise M. Balsat. Nous ne voulons pas nous imposer ni même récupérer quoi que ce soit. Nous voulons simplement proposer notre aide. Nous prendrons également contact avec la commune.

F.DE H.

 

DÉROGATION?

Le collège d’Amay se penche sur le dossier mardi

Le dossier sera évoqué au collège des bourgmestre et échevins d’Amay mardi prochain. Sur base d’un courrier attendu du fonctionnaire délégué à l’urbanisme, le collège dira si oui ou non, il faut conseiller à Mme Stephany d’introduire une demande de dérogation au plan de secteur.

S’agissant d’une dérogation, la commune doit se conformer à l’avis du fonctionnaire. Si le fonctionnaire dit que la dérogation n’a aucune chance d’aboutir, il sera conseillé à Mme Stephany d’abandonner son projet. Si en revanche, le fonctionnaire ne ferme pas toutes les portes, elle pourra introduire sa demande, qui sera alors soumise à enquête publique et à l’avis de la CCAT d’Amay.



08:56 Écrit par O.N.H.U. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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