24/03/2005

Lettre envoyée aux élus démocratiques du Royaume

Depuis la création de notre asbl, nous oeuvrons pour le droit au logement pour tous. Vous serez sans doute tentés de nous répondre « Bravo et continuez » mais cela est, bien entendu, insuffisant pour nous. En effet, çà et là on entend parler de la problématique du logement, certains d’entre vous parlent aussi de « priorité » mais il faut bien avouer que peu de choses évoluent si ce n’est la précarité des citoyens vivants sur le fil du rasoir. Toutes les études réalisées par différents organismes locaux, nationaux et même internationaux montrent que la vie est de plus en plus difficile et que les loyers et traites grèvent sans cesse davantage les revenus. Et il n’y a pas que les « faibles » qui sont touchés… Tout le monde s’accorde à dire que la croissance du poids du poste logement dans les revenus pose problème.

 

Nous ne sommes pas persuadés qu’il manque de logements en Belgique mais s’il y a possibilité d’en créer de nouveaux pour les gens en difficultés, ce qui semble être le cas, nous y voyons une certaine avancée. Mais, car il y a un mais, nous pensons que ce n’est pas ou plus l’unique solution. Il faut aussi prôner la réhabilitation, la rénovation d’immeubles non occupés ! En outre, plusieurs solutions pourraient être mises en place afin d’aider le plus grand nombre à trouver « chaussure à son pied ».

 

Effectivement, il y a de « mauvais » propriétaires, de « mauvais » locataires mais là n’est pas le nœud du problème. Disposer d’un toit, c’est pouvoir trouver un travail, c’est avoir une vie sociale, c’est disposer des soins de santé…bref, c’est la vie !!!

 

Nous souhaiterions connaître votre avis sur les propositions que nous mettons sur la table ; elles ne sont sans doute pas neuves mais il est grand temps de se pencher sur ces solutions et de les appliquer. Depuis trop longtemps, « on » réfléchit, « on » organise des conférences, « on » réunit des tables rondes…en quelque sorte une terrible musculation intellectuelle mais « on » n’agit pas sur le terrain. Telle la gangrène, la problématique du logement touche de plus en plus de personnes.

 

Sous l’adage « LA POLITIQUE SOCIALE du LOGEMENT doit DEPASSER très largement une politique de logement social », connu de tou(te)s, nous vous adressons une liste de propositions qui méritent, sans nul doute, toute votre attention: 

  • Augmenter la subsidiation des AIS ;
  • Rendre la fiscalité immobilière équitable (Rapport du Conseil des Finances de 1997 qui signale une fiscalité immobilière inéquitable en Belgique) en supprimant l’impôt sur le revenu cadastral et en taxant les revenus locatifs réels avec possibilité d’incitants fiscaux pour le propriétaire qui donne en location un bien correct à un prix équitable ;
  • Création d’un fonds fédéral des cautions : les intérêts de ces sommes bloquées pourraient alors servir non plus aux banques mais à des actions en faveur du logement comme, par exemple « l’allocation logement » [1] ;
  • Un encadrement sur « l’allocation logement » [2] pour éviter une hausse des loyers (encadrement qui permettrait ou non l’obtention des incitants fiscaux – voir plus haut - aux propriétaires) ;
  • Création, comme en Flandre, d’un organe de contrôle du rapport équitable qualité-prix (Vlaams inspectie…Inspection flamande du logement) ;
  • Réviser la loi sur les baux à loyer (car il y a toujours des garanties locatives illicites, des discriminations, des clauses abusives,…) ;
  • Systématiser l’enregistrement de chaque contrat ;
  • Mettre en place un moratoire hivernal effectif dans toutes les régions contre l’expulsion ;
  • Plus d’expulsion sans relogement ;
  • Suppression du taux cohabitant ;
  • Proposer une extension facultative « impayés » à l’assurance habitation souscrite par les locataires

 

Cette liste n’est pas exhaustive mais elle propose toutes une série de mesures qui, en voyant réellement le jour, permettraient une avancée dans la résolution de la problématique du logement.

Nous attendons donc vos réponses à l’adresse suivante :

 

Coordinateur national

Fabrice Salembier – Rue René Limme 5 4280 Hannut

tel/fax 019 51 01 86 gsm 0475 260 720

onhu@skynet.be

 

Dans l’attente de vous lire, Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités, l’expression de notre meilleure considération.



[1] Le logement, facteur de précarité et d'exclusion

Avec l'explosion des prix de l'immobilier, il devient de plus en plus difficile pour un nombre croissant de personnes de trouver un logement décent à un prix raisonnable. Actuellement, 50 % des Bruxellois entrent dans les conditions pour accéder à un logement social. 38.000 familles sont logées dans un logement social à Bruxelles et 22.000 sont toujours en attente. En Brabant wallon, les bénéficiaires du revenu d'intégration (ex-minimex) consacrent de 50 à 80 % de leur revenu mensuel pour leur logement. Ces chiffres s'élèvent à 35 % pour les Province de Liège et Charleroi et entre 40 et 70 % pour la Province de Namur. Mais il ne faut pas être minimexés ou chômeurs pour éprouver des difficultés à se loger au regard des prix pratiqués par les propriétaires privés. Les personnes à faibles revenus, mais aussi les jeunes, les personnes à revenus moyens, les familles monoparentales ou les personnes isolées peinent à se loger. "Le logement est donc bien un levier d'inégalité, un outil qui creuse le fossé entre ceux qui ont les moyens et ceux qui n'en n'ont pas". Paradoxal lorsqu'on sait que le droit au logement est inscrit dans la Constitution… L'O.N.HU. tire la sonnette d'alarme depuis longtemps et souhaite qu'une solidarité aux différents niveaux de pouvoirs puisse véritablement voir le jour ! Nous proposons donc via cette pétition qu'une allocation de logement conditionnée à un encadrement des loyers puisse être délivrée à tout ménage et ce en fonction des revenus et de la composition de la famille.

 


[2] Plusieurs d’entre vous ont d’ailleurs déjà signé la pétition à ce sujet.




11:41 Écrit par O.N.H.U. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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