08/04/2005

Mauvais payeur ou locataire "emm..." ?

LE SOIR

Mauvais payeur ou locataire « emm... » ?

M. Lembo dit « payer » son militantisme engagé dans le comité des locataires. Et conteste le montant des charges et loyer. Toit et Moi s'en réfère à la justice, qui lui donne raison.

C 'est la parole de l'un contre celle de l'autre, version pot de terre versus pot de fer. D'un côté, Michele Lembo, 53 ans, domicilié depuis octobre 2000 à la Résidence des Tours, 5/D, à Ghlin.

De l'autre, son propriétaire, l'immobilière sociale Toit et Moi.

Et, entre les deux, un jugement prononcé le 21 décembre 2004 au premier canton de la justice de Paix de Mons qui condamne le premier à payer 1.642,82 euros d'arriérés de loyers et de charges à la seconde. Et qui autorise, en sus, cette dernière à expulser le locataire à dater du 31 décembre 2004. C'est finalement ce mardi à 13 h 30 que doit avoir lieu l'expulsion. Michele Lembo la conteste avec acharnement. Il a multiplié les mails et les appels aux médias. Hier, avec l'appui de l'Observatoire national de l'habitat et de l'urbanisme (Onhu), il manifestait devant le cabinet du ministre régional du Logement, à Namur. Toit et moi cherche à se débarrasser d'un gêneur, en conclut le locataire qui dit « payer » son investissement au sein du Comité représentatif des locataires des tours de Ghlin et sans doute aussi, c'est lui qui le dit, son appartenance à Écolo. Il paraîtrait que l'ex-Sorelobo veut des locataires bien dociles, glisse-t-il.

Or, lui conteste non seulement le loyer maximum qui lui est réclamé - parce qu'il n'aurait pas rentré à temps les documents nécessaires pour bénéficier du loyer social - mais aussi le montant, qu'il juge prohibitif, des charges réclamées aux locataires. Il avait même obtenu du médiateur de la Région wallonne de pouvoir aller contrôler le décompte de ces charges locatives... juste avant de recevoir son avis d'expulsion !

L'Onhu, qui le soutient dans son combat, va plus loin encore. L'ASBL accuse ni plus ni moins l'immobilière sociale de procéder depuis longtemps à une politique d'expulsions massives, sans doute en prévision des travaux de déconstruction de quelque 700 logements de son patrimoine.

Toit et Moi avance le chiffre d'une expulsion par semaine, soit une cinquantaine par an. Et, pour le commissaire spécial, Michele Lembo n'est nullement un cas particulier.

Il fait partie du 1 % de nos 6.000 locataires à être de mauvaise composition manifeste. M. Lembo n'a simplement pas respecté ses devoirs, et ce dès 2001. Et à force de ne pas respecter ses obligations, dont la première est de payer son loyer, un juge a tranché, martèle Raphaël Pollet qui rappelle qu'en théorie le locataire aurait dû avoir quitté les lieux depuis plus de trois mois.

Michele Lembo, lui, affirme que l'ex-Sorelobo n'a pas fait son travail social envers lui. Pollet réplique qu'il n'a donné suite à aucun recommandé ni aux tentatives de médiation (trois rappels sans suite). S'ils avaient voulu trouver un accord, ils auraient pu faire intervenir le CPAS ou leur service social, maintient M. Lembo. Ils ne sont même pas intervenus auprès de mon médiateur de dettes. Mais ce n'est pas l'argent qu'ils veulent...

Le commissaire spécial se retranche derrière la décision de justice, implacable et en faveur exclusive de Toit et Moi. Lundi, le cabinet du ministre Antoine, appelé à la rescousse, tentait une ultime conciliation avec l'ex-Sorelobo afin que celle-ci postpose de quelques jours sa mesure d'expulsion. Le temps qu'un logement de substitution soit trouvé pour le locataire « remercié ». Je ne suis pas un monstre, insiste Raphaël Pollet. Malgré le délai de trois mois qu'il n'a pas mis à profit pour trouver un autre logement, je veux bien patienter quelques jours. Mais ce monsieur ne sera plus repris chez nous comme locataire 

VALÉRY SAINTGHISLAIN - Le Soir du 05.04.2005, 06:00

11:43 Écrit par O.N.H.U. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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